Château hanté

Du 24/06/2013 au 29/09/2013

Domaine Royal de Randan

À l’occasion du trentième anniversaire de leur création, les Fonds Régionaux d’Art Contemporain ont souhaité organiser durant tout l’été 2013 une série d’expositions dans leurs régions respectives. Le FRAC Auvergne propose ainsi cinq expositions qui présentent plus de 80 œuvres de sa collection.

Pour l’aile des cuisines du château de Randan, l’exposition Château hanté propose une sélection d’oeuvres appropriée pour le lieu qui les accueille, faite d’apparitions fantomatiques, d’ectoplasmes, d’animaux étranges et de formes hybrides qui, pour quelques semaines, ont trouvé refuge dans ce lieu propice à l’imagination. Le grand couloir des cuisines du château de Randan – qui fut détruit par un incendie – mène aux fabuleuses collections de taxidermie miraculeusement conservées. Peuplées d’animaux extraordinaires magnifiquement présentés, ces collections ont été le point de départ pour sélectionner quelques œuvres de la collection du FRAC Auvergne réalisées par des artistes de renommée internationale.
Certaines d’entre elles sont littéralement habitées par la présence fantomatique d’œuvres du passé. Ainsi, la grande sculpture d’Etienne Bossut joue-t-elle du croisement hybride d’une chaise de design et d’une célèbre sculpture conservée au Vatican. La peinture de Rémy Hysbergue procède au télescopage d’influences picturales multiples. Les poissons de Johan Creten citent autant la mythologie qu’ils engagent une possible réflexion sur l’écologie, comme pourraient le faire également les troncs d’arbres de Roland Cognet, emprisonnés dans leur gangue d’acier. Les corbeaux de Daniel Tremblay chantent un blues désabusé sous une lune peu engageante, ravivant le souvenir du Dormeur du Val d’Arthur Rimbaud. Les chiens menaçants de Paolo Grassino sont les gardiens d’une carcasse de camion dont on ne sait si elle est le témoignage d’une émeute urbaine ou si elle se présente comme le vestige d’une civilisation disparue. Les voix éparses et lointaines qui s’échappent de la sculpture lumineuse d’Emmanuel Lagarrigue semblent quant à elles vouloir faire surgir une histoire morcelée que le spectateur devra tenter de reconstituer. Et, tout au long du parcours, les éléments découpés dans le vénilia par Richard Fauguet mêlent présences fantomatiques et souvenirs d’œuvres célèbres.

Artistes :