Alain SECHAS – La Pieuvre

Du 01/06/2010 au 10/04/2013

C.H.U Estaing - Clermont-Ferrand

L’une des missions du FRAC Auvergne (Fonds Régional d’Art Contemporain) est de constituer une collection d’oeuvres d’art. Diffuser cette collection en la présentant dans différents endroits, au travers de prêts, comme ici au CHU, permet également au FRAC de remplir une autre de ses missions, celle de la sensibilisation à l’art contemporain auprès d’un public le plus large possible.
La Pieuvre d’Alain Séchas fait partie de sa collection depuis maintenant plus de quinze ans. C’est l’une des oeuvres les plus monumentales que l’artiste ait réalisé.

Si le grand public connaît surtout d’Alain Séchas ses fameux chats, c’est aujourd’hui l’ensemble de son oeuvre qui s’est imposé dans le monde de l’art comme totalement atypique en pointant du doigt avec distance et humour la société contemporaine et en traitant les sujets des plus graves aux plus anodins.
Né en 1955, Alain Séchas a d’abord été professeur de dessin. Il commence à créer ses premières oeuvres dans les années 1980 ; des sculptures pour la plupart. Par la suite, il mêle volontiers dans son oeuvre aussi bien la vidéo, le dessin, la sculpture, l’installation que la musique.
Le point de départ de son travail est toujours un dessin auquel il s’attache ensuite à donner du volume, une forme charnelle, quasi vivante. La Pieuvre présente une scène de vol fi gée en un instant crucial : la pieuvre, hypnotisant le bijoutier qui lui présente des pierres précieuses, lui dérobe son stock de diamants avec la complicité de comparses fantomatiques, dont un attend dans une voiture prête à démarrer en trombe. L’oeuvre ne repose sur aucun socle et les personnages sont à hauteur d’homme si bien que le spectateur est directement introduit dans la scène, à la fois témoin et complice de ce vol organisé. Par les formes arrondies et simples, par un vocabulaire plastique emprunté au monde de la bande dessinée, l’oeuvre d’Alain Séchas oriente tout d’abord le spectateur vers une interprétation humoristique. Ce procédé lui permet de s’adresser directement au spectateur sans que celui-ci n’ait besoin d’aucun savoir pour la comprendre. « Si c’est beau, c’est beau pour tout le monde ».
Cependant, l’artiste n’a pas choisi par hasard une pieuvre comme personnage principal de son oeuvre. La pieuvre est aussi l’un des noms donné à la mafi a italienne. Organisation criminelle, la mafi a a étendu son pouvoir jusque dans la société italienne comme la pieuvre ses tentacules. C’est justement cette idée qui est reprise ici où le corps mou de l’animal évoquerait l’idée d’un pouvoir sans visage, qui peut être alors économique, politique, voire culturel, et qui s’insinuerait tout-puissant dans les différentes strates de la société, à l’image des tentacules d’une pieuvre.

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