Sylvain ROCHE

Né en 1983 en France. Vit à Paris, France.

Initialement, la peinture de Sylvain Roche était abstraite, imprégnée d’admiration pour Raoul de Keyser, Günther Förg ou Ernst Caramelle mais aussi pour celles de Gilles Aillaud et de Denis Laget. Depuis quelques années, sa peinture est toujours abstraite, mais avec des oiseaux. Une peinture abstraite mais non abstraite, donc. Une peinture abstraite et non abstraite pour affirmer que le monde est abstrait, que l’abstraction n’existe pas et renvoie toujours au monde qui est abstrait, sans l’être. Une peinture abstraite mais une peinture sensible, une peinture abstraite puisant ses fondements dans la poétique du monde, sans être pour autant une peinture sur le motif. Il s’agit de l’oiseau comme sentiment, comme impression lointaine, comme souvenir imaginaire, comme ligne d’intensité. Sylvain Roche m’expliquait dans son atelier de Pantin qu’il avait commencé à peindre des aquarelles d’oiseaux pour séduire une femme. « Je n’ai pas eu la femme mais j’ai gardé les oiseaux », précisa-t-il en souriant, soulignant que les oiseaux lui avaient finalement été salutaires pour éloigner les influences trop vivaces de certains peintres contemporains, modernes ou classiques. Les peintres admirés se sont fondus dans la murmuration des oiseaux, se sont fondus comme les oiseaux se fondent dans les taillis et les branches en adoptant par mimétisme les couleurs de leur environnement jusqu’à n’être qu’une présence naturelle, jusqu’à n’être que le prolongement de leur milieu, jusqu’à naître autrement par la grâce, ne niant pas une forme de préciosité que parfois prolonge un châssis dont la tranche est peinte d’une couleur argentée (c’est le cas du tableautin reproduit ci-contre). Ces peintures, toujours de formats modestes, montrent à la fois la maîtrise et la spontanéité, la culture historique et la légèreté, la pensée critique et la poésie.

Jean-Charles Vergne