Michel MAZZONI

Né en 1966 en France, vit en Belgique

Michel Mazzoni développe une photographie «plasticienne» qui remonte aux sources de l’acte photographique, mettant en évidence, tantôt un sujet, tantôt la matérialité de ce sujet dans l’image photographique. Il montre un attachement pour l’archive, les technologies déficientes, les «silences». Le dispositif présentant ses oeuvres à un rôle important dans l’annexion de l’espace d’exposition.

« Amorces est un corpus d’images couleur et noir & blanc réalisées en analogique, entre 2015 et 2017. Les images couleur constituent la genèse du projet. Il s’agit des premières vues de films argentique (avant le 0 sur le compteur de l’appareil) chargé à la lumière et utilisées lors de la prise de vue. La gamme de couleur résulte des différentes sources et températures de lumières présentes au moment du chargement. Bien que l’opération soit préméditée, l’accident arrive, le résultat parfois surprenant. Les images couleur représentent environ 10% du corpus, elles sont abstraites, ou à la limite de l’abstraction. La couleur ne m’intéresse que lorsqu’elle se place dans une gamme chromatique proche du monochrome. C’est en quelque sorte une série dans la série. Elles peuvent également fonctionner indépendamment du reste. Le choix de présentation dans les boîtes plexiglas, libère l’image, qui semble flotter dans l’espace. Le reste de la série, en noir et blanc, plus figurative, représente des vues fragmentaires, des images sans qualité du quotidien avec d’infimes indices. Ce que je souhaitais, c’était pointer des espaces, des lieux, des objets où cela «accroche », une présence visuelle forte mais qui n’explique rien. Dans ce travail, sur le plan formel je suis allé un peu plus loin que le précédent (Collisions) dans les processus de dégradation, d’appauvrissement et de modification des images. Les interventions sont survenues sur l’essence même du médium en travaillant uniquement sur le support sensible à la lumière (ici, le négatif). Pour toutes les images de la série, ce support a subit des manipulations d’ordre mécanique, optique, chimique, lumineuse. Les images présentent peu d’écarts de contrastes, pas de blancs ni de noirs profonds mais une gamme de gris sourd. Dans le principe, elles ne sont pas très éloignés des monochromes couleur. » (Michel Mazzoni)