Elly STRIK

Née aux Pays-Bas en 1961 – Vit en Belgique

Dans un texte consacré au portrait, le philosophe belge Bart Verschaffel insiste sur la dynamique du visage comme manifestation d’un mouvement allant de l’intérieur vers l’extérieur, comme « lieu où la vie intérieure passe dans le monde visible ». Le portrait, et peut-être plus encore l’autoportrait, délivre donc un récit dont la part allégorique peut être, par ailleurs, puissamment augmentée par l’adjonction d’objets, de masques, posant ainsi une énigme sans réponse sur ce qu’est finalement un visage. Depuis 1985, Elly Strik peint des portraits, généralement exécutés à l’huile et au graphite sur de grandes feuilles de papier. Elle s’oriente dans les années 90 vers une recherche essentiellement tournée vers la question de l’autoportrait, à laquelle vient s’ajouter à partir de 2001 l’emploi de masques qu’elle pose sur son visage avant de réaliser une photographie d’elle-même pour s’en servir de base de travail. Beaucoup de fleurs joue sur le registre de la transparence en superposant un voile de dentelle à la structure complexe et délicate sur un visage translucide, comme passé à la radiographie. La composition obtenue rappelle l’imagerie populaire et religieuse de la fête des morts mexicaine. Le visage est habité par une étrange beauté urticante, croisant simultanément le masque mortuaire, le crâne et la vanité, la figure de la femme voilée et celle de l’endeuillée, ne laissant intacts que les yeux, fixes et effroyables, partiellement couverts de cette résille proliférante comme une moisissure.