Rainer FETTING

Né en Allemagne en 1951 - Vit en Allemagne

Rainer Fetting a été l’un des représentants actifs du mouvement allemand des Nouveaux Fauves. À l’instar des peintres du fauvisme, pour qui il voue une grande admiration, ses œuvres se manifestent par l’utilisation de couleurs vives, criardes. Ce mouvement, actif dans les années 80, trouve aujourd’hui un écho particulièrement vif chez de jeunes peintres allemands comme Jonathan Meese. Rainer Fetting s’attache à la représentation de sujets de société et ses peintures s’inscrivent souvent dans le théâtre des grands milieux urbains. Frankenstein’s Monster in Subway n’y déroge pas et provoque la collision de plusieurs thèmes appartenant à des genres différents. La rencontre de l’univers urbain et de l’univers fictionnel du monstre créé par le jeune savant Henry Frankenstein permet au peintre de donner à la scène une valeur allégorique. Avec la figure de la créature de Frankenstein se profile le traitement par le peintre des questions afférentes aux notions d’exclusion et, plus indirectement, de xénophobie. Le monstre de Frankenstein se terre pour échapper aux hommes. Cette allégorie du monstre terrorisant et terrorisé est l’une des grandes figures de la littérature d’horreur et du cinéma, dans des registres très divers allant de La Belle et la Bête à King Kong et d’Elephant Man à Alien. Dans le roman d’origine écrit par Mary Shelley en 1818, Frankenstein ou le Prométhée moderne, considéré a posteriori comme le précurseur de la science-fiction, Henry Frankenstein crée son monstre en réaction à la mort de sa mère, pour ne plus jamais revivre la perte d’un être cher. En découvrant la possibilité de donner la vie à une entité et en parvenant à maîtriser ainsi l’inéluctable finitude de toute chose, Frankenstein accède à une puissance qu’il ne contrôle pas. Façonné à partir de morceaux de cadavres, le corps de la créature reçoit le cerveau d’un homme décédé. Mais, au lieu d’implanter un cerveau sain, l’assistant de Frankenstein utilise celui d’un assassin. Dès lors, la figure du monstre de Frankenstein s’approche étroitement de celle du zombie, du mort-vivant, créant ainsi la figure particulière d’une entité intelligente irresponsable de ses actes et de sa violence, conçue malgré elle comme abomination.

Jean-Charles Vergne