Carole BENZAKEN

Née en France en 1964 - Vit en France

Les œuvres de Carole Benzaken sont indéniablement ancrées dans une histoire de la peinture totalement liée à celle du cinéma. Les couleurs qu’elle emploie, les cadrages qu’elle choisit et le type de formats sur lesquels elle peint sont autant d’éléments dont les sources sont à chercher dans les couleurs saturées de l’imagerie cinématographique et les différentes techniques de cadrage dont disposent les chefs opérateurs (travelling, panoramique, zoom, plan américain…).
La peinture monumentale intitulée Disneyland Paris se réfère tout autant aux techniques cinématographiques qu’à la prise en compte d’une certaine dimension politique inhérente à l’histoire même de Disney. En effet, dans les années 40, à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, alors que se précisent les contours de ce que l’on nommera la Guerre Froide, le gouvernement américain décide de tout mettre en œuvre pour contrer idéologiquement l’Union Soviétique. Disney représente alors, aux côtés du cinéma hollywoodien, l’un des maillons de la conquête culturelle de l’Europe par les Etats-Unis. Films, licences d’exploitation, produits dérivés ont fait de l’univers créé par Walt Disney une fantastique multinationale omniprésente dans le monde.
Disneyland Paris dévoile une vision en cinémascope de cette conquête orchestrée par des spécialistes du marketing et du merchandising. Carole Benzaken réunit dans cette œuvre un certain nombre d’éléments contribuant à renvoyer une image très ironique, et parfois cynique, de l’industrie Disney : l’image peinte n’est jamais nette, oscillant entre le flou lointain (la partie droite de l’œuvre) et le zoom exagéré (la partie gauche), les couleurs acidulées renvoient au spectateur la certitude d’un monde illusoire et, enfin, la partie gauche du tableau montre Mickey envoyant un uppercut au menton d’un touriste vêtu d’une chemise hawaïenne.